# Comment choisir les bonnes ancres de liens en SEO ?

Dans l’univers complexe du référencement naturel, les ancres de liens représentent un élément stratégique souvent sous-estimé. Ces morceaux de texte cliquables, qui relient une page à une autre, constituent bien plus qu’un simple mécanisme de navigation. Ils transmettent des signaux puissants aux moteurs de recherche sur la pertinence thématique d’une page, influencent directement votre positionnement dans les résultats de recherche, et peuvent même déterminer si votre site prospère ou subit une pénalité algorithmique. Depuis le déploiement de l’algorithme Penguin par Google, la gestion des ancres de liens est devenue un exercice d’équilibre délicat entre optimisation et naturalité. Une stratégie d’ancrage mal conçue peut entraîner des conséquences désastreuses pour votre visibilité en ligne, tandis qu’une approche réfléchie et diversifiée constitue un levier de croissance organique remarquable.

Anatomie d’une ancre de lien optimale pour le référencement naturel

Comprendre la structure fondamentale d’une ancre de lien représente la première étape vers une stratégie SEO réussie. Techniquement, une ancre s’insère entre les balises HTML <a href=""> et </a>, le texte visible constituant le signal contextuel transmis aux moteurs de recherche. Cette apparente simplicité cache une complexité stratégique considérable. Chaque mot choisi pour votre ancre envoie des informations précises à Google sur la thématique de la page de destination, créant ainsi un pont sémantique entre deux contenus. L’algorithme analyse non seulement le texte de l’ancre elle-même, mais également le contexte environnant, les mots précédant et suivant le lien, ainsi que la pertinence globale entre la page source et la page cible.

Différence entre ancre exacte, partielle et générique dans la stratégie SEO

Les ancres exactes correspondent précisément au mot-clé ciblé pour le positionnement d’une page. Par exemple, si vous souhaitez référencer une page sur « agence SEO Paris », utiliser exactement cette expression comme texte cliquable constitue une ancre exacte. Ces ancres transmettent le signal le plus fort aux moteurs de recherche, mais présentent aussi le plus grand risque de sur-optimisation. À l’inverse, les ancres partielles intègrent le mot-clé dans une formulation plus large, comme « contactez notre agence SEO spécialisée à Paris » ou « services d’une agence de référencement parisienne ». Cette approche dilue légèrement la puissance du signal tout en apparaissant beaucoup plus naturelle.

Les ancres génériques, quant à elles, utilisent des formulations neutres telles que « cliquez ici », « en savoir plus », « découvrez notre offre » ou « consultez cette page ». Bien qu’elles n’apportent aucune information sémantique directe sur la page de destination, elles jouent un rôle crucial dans la diversification de votre profil d’ancrage. Un site recevant exclusivement des liens avec des ancres optimisées éveille immédiatement les soupçons de l’algorithme Penguin, tandis qu’un mélange équilibré reflète un comportement de linking naturel et spontané.

Ratio de diversification des ancres selon l’algorithme penguin de google

L’algorithme Penguin, lancé en 2012 et continuellement affiné depuis, cible spécifiquement les profils de liens artificiels et sur-optimisés. Les données collectées par les études SEO montrent qu’un profil d

anses considéré comme naturels présente une majorité d’ancres de marque, génériques et d’URL nues, complétées par une minorité d’ancres exactes et semi‑optimisées. De nombreuses analyses empiriques (Moz, Ahrefs, SEMrush, Backlinko) convergent vers une fourchette prudente où les ancres à correspondance exacte ne dépassent pas 5 à 10 % du profil global, toutes thématiques confondues. Au‑delà, vous entrez dans une zone de risque où Penguin 4.0 peut considérer votre stratégie de netlinking comme manipulatrice, surtout si ces liens proviennent de sites de faible qualité ou de réseaux peu diversifiés.

Une diversification saine repose donc sur un mix d’ancres comprenant : ancres de marque, ancres génériques, ancres partielles, URL nues et ancres d’images via l’attribut alt. L’objectif n’est pas de suivre une recette magique mais de se rapprocher du comportement naturel d’éditeurs tiers qui citeraient spontanément votre contenu. En pratique, plus un site acquiert de notoriété, plus la part d’ancres de marque et d’URL nues augmente mécaniquement, tandis que la proportion d’ancres exactes se stabilise voire diminue avec le temps.

Analyse de la densité keyword dans les ancres de backlinks

La densité de mots‑clés dans vos ancres de backlinks constitue un excellent indicateur de sur‑optimisation potentielle. Concrètement, il s’agit de mesurer la fréquence d’apparition de vos expressions stratégiques (exactes ou proches) dans l’ensemble des textes d’ancre qui pointent vers votre domaine ou une URL donnée. Plus cette densité est élevée, plus le signal envoyé à Google est fort… et plus vous vous exposez à un filtrage algorithmique, notamment sur des requêtes commerciales à forte concurrence.

Pour analyser cette densité, vous pouvez exporter la liste des ancres depuis un outil comme Ahrefs, Majestic SEO ou SEMrush, puis regrouper les occurrences par mot‑clé cible. Une approche simple consiste à calculer la proportion d’ancres contenant votre mot‑clé principal (exact ou en partie) par rapport au volume total de backlinks. Si, par exemple, 40 % de vos liens externes contiennent l’expression « agence SEO Paris » ou une variante très proche, vous êtes probablement déjà à la limite de ce que Penguin tolère sur ce segment.

Vous devez également distinguer la densité globale au niveau du domaine, de la densité locale au niveau d’une page stratégique. Une page money page ultra optimisée avec 70 % d’ancres exactes peut rester invisible aux radars si le domaine dans son ensemble présente un profil naturel et très diversifié. À l’inverse, un site jeune avec peu de liens et une forte concentration d’ancres keywordisées attirera beaucoup plus l’attention. C’est pourquoi il est recommandé de lisser la densité en intégrant progressivement davantage d’ancres dilutives et de marque au fil de vos campagnes de netlinking.

Ancres brandées versus ancres sur‑optimisées : équilibre recommandé

Les ancres brandées (« nom de marque », « nomdedomaine.com », « marque + service ») constituent le socle d’un profil d’ancrage sain. Elles reflètent un comportement naturel : lorsqu’un média ou un blog cite une ressource utile, il mentionne très souvent le nom de la marque plutôt qu’un mot‑clé commercial exact. À l’opposé, un profil saturé d’ancres du type « acheter baskets pas cher », « meilleure assurance auto », ou « agence SEO Paris » en exact match évoque immédiatement un schéma de netlinking artificiel aux yeux de Google.

En pratique, nous recommandons de viser, à l’échelle du domaine, une proportion d’ancres de marque comprise entre 25 et 40 % selon la maturité de votre site, complétée par 20 à 30 % d’ancres génériques et d’URL nues. Les ancres semi‑optimisées peuvent représenter 15 à 25 %, tandis que les ancres exactes devraient idéalement rester en dessous de 5 à 8 %. Cet équilibre permet de conserver un signal SEO suffisamment fort sur vos expressions clés, tout en restant dans une zone de naturalité acceptable pour Penguin 4.0. Vous pouvez bien sûr ajuster ces ratios selon votre secteur, mais gardez toujours en tête que vos ancres brandées doivent dominer le profil, en particulier sur un domaine jeune.

Profils d’ancrage naturels versus profils toxiques détectés par google

Empreinte d’ancrage typique d’un site pénalisé par penguin 4.0

Lorsqu’un site est filtré ou pénalisé par Penguin 4.0, son empreinte d’ancrage présente en général plusieurs caractéristiques récurrentes. D’abord, une sur‑représentation évidente d’ancres exactes sur des requêtes monétisées, souvent concentrées sur un petit nombre de pages. Ensuite, une faible diversité des types d’ancres : très peu d’ancres de marque ou génériques, quasiment aucune URL nue, et rarement des ancres longues ou contextuelles. Enfin, ces ancres manipulatrices proviennent souvent de sites thématiquement éloignés, de fermes de liens, d’annuaires sur‑exploités ou de PBN (Private Blog Networks) mal camouflés.

Autre indice révélateur : la vitesse d’acquisition des liens. Un pic soudain d’ancres exactes sur quelques semaines, via des domaines jusque‑là inconnus, laisse une trace claire dans les logs de Google. L’algorithme corrèle alors ce pattern à votre historique de liens, à votre thématique, et au comportement utilisateur sur les pages concernées (taux de rebond, durée de session, pogo‑sticking). Si le signal global suggère un gonflage artificiel du PageRank, Penguin ajuste votre visibilité à la baisse, parfois de façon très ciblée sur un groupe de mots‑clés précis plutôt que sur l’ensemble du site.

Méthodologie d’audit des ancres avec ahrefs et SEMrush

Pour distinguer un profil d’ancrage sain d’un profil toxique, un audit structuré avec Ahrefs et SEMrush s’avère indispensable. La première étape consiste à extraire la liste complète des backlinks et de leurs textes d’ancre, en filtrant les liens « live » et en excluant les redirections ou les liens désavoués. Dans Ahrefs, l’onglet « Anchors » vous permet de visualiser immédiatement la répartition des textes d’ancre par fréquence : identifiez rapidement les ancres exactes surreprésentées ou les expressions commerciales qui dominaient vos campagnes passées.

Dans un second temps, croisez ces données avec SEMrush, notamment via le rapport « Backlink Analytics » et la section « Anchors ». Comparez les chiffres des deux outils pour repérer d’éventuels écarts et valider les tendances lourdes. Vous pouvez ensuite segmenter votre analyse par : type d’ancres (marque, générique, exacte, partielle), type de domaine référent (blog, média, annuaire, forum), zone géographique, et qualité du site source (Trust Flow, Authority Score, trafic organique estimé). L’objectif est de faire ressortir les groupes de liens à risque afin de décider, au cas par cas, entre désaveu, demande de suppression ou conservation.

Pour aller plus loin, exportez les ancres sous format CSV et travaillez‑les dans un tableur ou un outil de data‑visualisation. Regroupez les ancres par thématique ou par mot‑clé racine, puis calculez leur part relative dans le profil global. Vous pouvez par exemple créer un tableau listant vos 20 ancres les plus fréquentes, avec pour chacune : le nombre de domaines référents, le nombre total de liens, le type d’ancre, la page de destination principale et un indicateur de risque. Cette vision macro vous permettra de prioriser vos actions correctives en ciblant d’abord les ancres les plus sensibles.

Indicateurs de sur‑optimisation : pourcentage d’exact match à ne pas dépasser

Il n’existe pas de seuil officiel communiqué par Google en matière de pourcentage d’ancres exactes, mais l’analyse de milliers de profils de liens convergente vers quelques ordres de grandeur. Sur la plupart des marchés, dépasser 10 % d’ancres exactes au niveau du domaine commence à devenir risqué, surtout si votre site dispose de peu de domaines référents. Sur une page spécifique, certains SEO constatent des déclencheurs de filtres dès que la proportion d’ancres exactes dépasse 30 à 40 % des liens pointant vers cette URL, en particulier sur des requêtes transactionnelles très compétitives.

Au‑delà du pourcentage brut, d’autres signaux de sur‑optimisation doivent attirer votre attention : répétition de l’exact match dans les liens sitewide (footer, sidebar), présence de la même ancre exacte dans des contextes textuels très pauvres ou hors‑sujet, et absence quasi totale d’ancres génériques ou de marque dans le profil. Un profil d’ancrage sain ressemble à un discours spontané où les auteurs citent votre site de façons variées ; un profil toxique ressemble plutôt à un slogan répété mécaniquement. Si, en parcourant la liste de vos ancres, vous avez l’impression de lire un catalogue de mots‑clés, il est sans doute temps de diluer.

Cas d’étude : sites e-commerce sanctionnés pour ancres manipulatrices

Les sites e‑commerce sont particulièrement exposés au risque de pénalité liée aux ancres, car la tentation est forte d’optimiser agressivement les textes d’ancre sur des mots‑clés transactionnels. Prenons l’exemple (anonymisé) d’une boutique de chaussures en ligne qui, entre 2019 et 2021, a multiplié les campagnes de netlinking avec des ancres exactes telles que « chaussures de running pas cher », « basket Nike homme », « chaussures de sport femme ». En quelques mois, plus de 60 % des nouveaux liens pointant vers les catégories clés utilisaient des ancres quasi identiques, issues d’articles sponsorisés et d’annuaires peu qualitatifs.

Résultat : lors d’une mise à jour de Penguin 4.0, le site a vu chuter brutalement son trafic organique sur ces requêtes stratégiques, alors même que le contenu on‑page restait correct. L’audit a révélé un profil d’ancres extrêmement homogène, quasi dépourvu d’ancres de marque ou d’URL nues, et une forte concentration des liens sur un petit nombre de pages. La sortie de pénalité a nécessité : une campagne de désaveu ciblée, la négociation de modifications d’ancres vers des formulations plus naturelles, et surtout la mise en place d’une nouvelle stratégie basée sur des ancres brandées, des contenus éditoriaux de qualité et des partenariats plus légitimes avec des médias spécialisés.

Ce type de cas d’école illustre une réalité simple : en netlinking, la précipitation coûte souvent plus cher que la patience. À court terme, les ancres exactes peuvent booster rapidement une page e‑commerce sur une requête donnée. Mais à moyen terme, un profil trop agressif finit presque toujours par se retourner contre vous. La stratégie gagnante consiste à accepter une montée en puissance plus progressive, en misant sur la qualité des contenus et la variété des ancres, plutôt que sur le seul levier de l’optimisation keywordisée.

Stratégies d’ancrage pour liens internes et maillage sémantique

Siloing thématique et ancres contextuelles en cocon sémantique

À la différence des backlinks, les liens internes échappent largement aux radars de Penguin en matière de pénalités, ce qui vous offre un terrain de jeu idéal pour travailler vos ancres de manière proactive. Dans une architecture en silo ou en cocon sémantique, l’objectif est de relier des contenus proches thématiquement avec des ancres contextuelles riches, afin de renforcer la compréhension globale du sujet par Google. Vous pouvez imaginer votre site comme une bibliothèque : chaque catégorie est une étagère, chaque article un livre, et vos ancres sont les étiquettes qui aident à classer et à retrouver rapidement les ressources.

Concrètement, cela signifie que vous devez éviter les ancres génériques pour le maillage interne, sauf rares exceptions. Préférez des ancres descriptives intégrant vos mots‑clés principaux et secondaires, ainsi que des formulations longue traîne. Par exemple, au lieu de « en savoir plus », utilisez « découvrir notre guide complet sur le maillage interne SEO ». Ces ancres contextuelles, insérées dans des paragraphes eux‑mêmes optimisés, envoient un signal sémantique très fort aux moteurs de recherche et contribuent à structurer efficacement vos silos thématiques.

Optimisation du PageRank interne via ancres descriptives ciblées

Le maillage interne joue un rôle déterminant dans la distribution du PageRank interne, c’est‑à‑dire de l’autorité que vos pages s’échangent entre elles. En plaçant des ancres descriptives ciblées depuis des pages à fort potentiel (pages recevant beaucoup de backlinks, articles très consultés, pages de catégorie) vers vos pages stratégiques, vous orientez littéralement le « courant électrique » du PageRank. Plus les ancres sont claires et cohérentes, plus Google comprend quelles pages doivent être considérées comme les hubs majeurs de votre thématique.

Une bonne pratique consiste à cartographier vos contenus en identifiant vos « money pages » (pages produits, services, catégories à forte valeur) et vos pages « support » (articles de blog, guides, FAQ). Les secondes doivent systématiquement contenir plusieurs liens internes, avec des ancres optimisées, pointant vers les premières. En retour, vos pages stratégiques peuvent renvoyer vers des contenus complémentaires, toujours avec des ancres descriptives, afin de réduire le taux de rebond et d’augmenter les signaux d’engagement utilisateur. À la clé : une meilleure circulation de l’autorité interne et une hiérarchisation plus nette de vos priorités SEO.

Ancres longue traîne pour renforcer la pertinence topique

Les ancres de longue traîne en maillage interne sont un levier souvent sous‑exploité pour renforcer la pertinence topique d’un site. Plutôt que de répéter mécaniquement un mot‑clé principal, vous pouvez varier les formulations pour couvrir un champ sémantique plus large : « comment choisir ses ancres de liens en SEO », « erreurs à éviter avec les ancres de backlinks », « exemples d’ancres naturelles pour le netlinking », etc. Chaque ancre longue traîne agit comme une requête potentielle et aide Google à associer votre page de destination à des intentions de recherche plus précises.

Cette approche est d’autant plus pertinente que l’algorithme de Google s’appuie de plus en plus sur la compréhension du langage naturel (BERT, MUM) pour faire correspondre les requêtes aux contenus. En multipliant les ancres internes longue traîne, vous augmentez vos chances de capter du trafic sur des requêtes conversationnelles ou très spécifiques, souvent moins concurrentielles que les mots‑clés courts. C’est un peu comme multiplier les portes d’entrée vers une même pièce : plus il y a de portes adaptées à différents profils de visiteurs, plus votre contenu sera découvert et apprécié.

Techniques d’ancrage pour campagnes de netlinking et link building

Distribution statistique des types d’ancres selon les études moz et backlinko

Les études menées par Moz, Backlinko et d’autres acteurs majeurs du SEO ont mis en lumière des tendances statistiques intéressantes sur la distribution des types d’ancres dans les profils de liens des sites les mieux classés. De manière générale, ces analyses montrent que les ancres de marque et les ancres génériques dominent largement, souvent au‑delà de 50 % du profil, tandis que les ancres exactes représentent une minorité, parfois inférieure à 5 %. Les URL nues et les ancres partielles complètent le tableau, avec des parts variables selon les secteurs.

Ces données ne doivent pas être interprétées comme des dogmes immuables, mais comme des repères pour calibrer vos propres campagnes de netlinking. Si votre site affiche une distribution très éloignée de ces moyennes (par exemple 40 % d’ancres exactes pour 10 % seulement d’ancres de marque), il y a de fortes chances que votre profil paraisse artificiel aux yeux de Google. À l’inverse, viser un schéma plus équilibré, inspiré des profils naturels observés sur des leaders de votre marché, vous aidera à bâtir une stratégie de link building robuste et pérenne.

Ancres dilutives et URL nues pour naturaliser le profil de liens

Les ancres dilutives – principalement les ancres génériques (« cliquez ici », « en savoir plus », « ce site ») et les URL nues – jouent un rôle clé pour naturaliser votre profil de liens. Elles n’apportent pas un signal sémantique fort, mais elles contribuent à briser les schémas trop parfaits qui trahissent souvent une stratégie manipulatrice. Un site qui ne reçoit que des liens avec des ancres descriptives ultra optimisées ressemble rarement à un site cité spontanément par une communauté active.

Intégrer volontairement des ancres dilutives dans vos campagnes de netlinking peut sembler contre‑intuitif, car leur impact direct sur vos mots‑clés cibles est moindre. Pourtant, elles renforcent la crédibilité globale de votre profil et vous permettent, en contrepartie, d’utiliser ponctuellement des ancres plus optimisées sans franchir les seuils de sur‑optimisation. En pratique, vous pouvez par exemple alterner, dans un même lot d’articles invités, entre ancres de marque, ancres génériques, URL nues et quelques ancres partielles bien choisies. C’est un peu comme diluer un sirop trop concentré : vous obtenez un mélange plus équilibré, plus agréable… et moins suspect.

Stratégie d’ancrage progressive pour domaines jeunes et sandbox google

Les domaines jeunes, encore peu connus de Google, doivent adopter une stratégie d’ancrage particulièrement prudente. Dans les premiers mois, l’objectif n’est pas de « forcer » le classement sur des mots‑clés compétitifs, mais de construire un historique de liens crédible. Cela passe par une majorité d’ancres de marque et d’URL nues, accompagnées de quelques ancres génériques et contextuelles. Les ancres exactes devraient être utilisées avec parcimonie, voire pas du tout au début, surtout si le volume total de liens reste faible.

On parle souvent de « sandbox » pour décrire la période durant laquelle Google observe le comportement d’un nouveau domaine avant de le laisser pleinement s’exprimer dans les SERP. Durant cette phase, un afflux soudain de liens optimisés sur des requêtes commerciales peut être interprété comme une tentative de manipulation. À l’inverse, une montée en puissance progressive, avec des ancres variées provenant de sources diversifiées (blogs, médias, annuaires qualitatifs, partenariats), rassure l’algorithme sur la légitimité de votre croissance. Vous pouvez ensuite, une fois ce socle établi, introduire prudemment des ancres plus ciblées en gardant un œil attentif sur vos métriques de visibilité.

Ancres co‑occurrentes et entités sémantiques selon le knowledge graph

Avec le développement du Knowledge Graph et des modèles de traitement du langage naturel, Google ne se contente plus d’analyser les ancres de liens comme de simples suites de mots‑clés. Il cherche à comprendre les entités mentionnées (marques, personnes, lieux, produits) et les relations qui les unissent. Les ancres co‑occurrentes, c’est‑à‑dire les formulations où votre marque et vos mots‑clés principaux apparaissent dans un même contexte, deviennent alors particulièrement intéressantes. Par exemple : « guide SEO complet de [Votre Marque] », « outil d’audit technique développé par [Votre Marque] ».

En intégrant des entités sémantiques pertinentes dans vos ancres et dans le texte environnant, vous aidez Google à positionner votre site au cœur d’un graphe de connaissances cohérent. C’est un peu comme si vous placiez votre marque sur la carte conceptuelle de votre secteur : plus les connexions sont claires et naturelles, plus votre légitimité sur le sujet est renforcée. Cette approche s’inscrit dans une vision plus large du SEO, où les ancres ne sont plus uniquement des leviers de ranking, mais aussi des signaux forts pour la construction de votre topical authority.

Outils et métriques pour piloter sa stratégie d’ancres de liens

Analyse comparative des distributions d’ancres avec majestic SEO

Majestic SEO reste l’un des outils les plus pertinents pour analyser en profondeur la distribution de vos ancres de liens. Grâce à ses indicateurs propriétaires comme le Trust Flow et le Citation Flow, vous pouvez non seulement mesurer la quantité de liens, mais aussi leur qualité et leur poids thématique. Dans la section « Anchor Text », Majestic affiche la liste de vos principales ancres, leur fréquence, et le nombre de domaines référents associés. C’est un excellent point de départ pour détecter les signaux de sur‑optimisation ou les opportunités de diversification.

Une méthode efficace consiste à comparer votre profil d’ancres à celui de vos concurrents les mieux positionnés. Exportez les données d’ancre de deux ou trois sites leaders sur vos mots‑clés cibles, puis juxtaposez leurs distributions à la vôtre. Observez les différences en termes de part d’ancres de marque, d’URL nues, d’ancres exactes et partielles. Cette analyse comparative vous permet de définir une feuille de route réaliste : si, par exemple, vos concurrents directs affichent 30 % d’ancres de marque et que vous plafonnez à 5 %, il est probable que vous ayez un travail de branding à mener dans vos futures campagnes de liens.

Monitoring des ratios d’ancres dans google search console

Google Search Console offre également des informations précieuses pour piloter votre stratégie d’ancres, même si elles sont moins détaillées que celles des outils spécialisés. Dans la section « Liens », l’interface vous indique les textes de liens les plus fréquents pointant vers votre site. Vous pouvez y identifier, par exemple, si une ancre exacte commence à dominer le profil ou si certaines expressions inattendues émergent suite à une campagne de communication ou à un bad buzz.

L’avantage de Search Console, c’est qu’il s’agit de la vision officielle de Google sur vos liens. Si vous constatez des déséquilibres flagrants ou l’apparition d’ancres suspectes (liens toxiques, spam négatif, ancres hors sujet), vous pouvez réagir rapidement : ajustement de votre stratégie de netlinking, demande de suppression de liens, ou recours à l’outil de désaveu pour les cas extrêmes. En parallèle, en analysant les performances de vos pages (impressions, clics, positions moyennes), vous pouvez corréler l’évolution de vos ratios d’ancres avec vos mouvements de classement, et affiner progressivement votre dosage optimal.

Scraping et traitement des données d’ancrage avec screaming frog

Enfin, pour ceux qui souhaitent aller encore plus loin dans l’analyse, Screaming Frog peut être utilisé pour scraper et traiter les données d’ancrage, en particulier pour le maillage interne. En explorant votre site avec le crawler, vous pouvez extraire la liste complète des liens internes, leurs ancres, et les relations entre pages. Cela vous permet de visualiser concrètement comment votre PageRank interne circule, quelles ancres sont sur‑utilisées, et où se trouvent les opportunités de renforcer certains contenus avec des ancres plus pertinentes.

Vous pouvez, par exemple, filtrer toutes les ancres internes contenant un même mot‑clé, puis vérifier si elles pointent bien vers la page la plus appropriée pour ce sujet. Si ce n’est pas le cas, vous êtes peut‑être en train de cannibaliser votre propre référencement en dispersant vos signaux d’autorité. En combinant les exports de Screaming Frog avec ceux d’outils de backlinks, vous obtenez une vision à 360 ° de votre stratégie d’ancrage, interne et externe. C’est cette vision globale, pilotée par des données fiables, qui vous permettra de construire un profil d’ancres robuste, performant et durable face aux évolutions constantes des algorithmes de recherche.